Blog dévolu à un partenariat scolaire libano-français, afin de faciliter les échanges en cours depuis Noël 2004 : magazine interactif, pages littéraires, album photos, discussions et débats...

Réflexions livrées par Laetitia, élève en Seconde Amérique 2006-07, Strasbourg... : "Suivons-nous vraiment les chemins que nous avons choisis ou nous laissons-nous guider par les autres, à l'encontre même de notre volonté ? Sommes-nous tous liés à un destin ? Celui-ci se heurte-t-il à notre liberté ? Est-il inévitable, pouvons-nous le maîtriser ? Je pense qu'en effet, nous sommes tous liés à un destin mais que nous sommes à même de changer si nous le voulons. Et c'est cette volonté qui va nous permettre d'exercer une certaine liberté dans notre choix de vie."
Mais il arrive que ce choix soit tributaire du comportement d'autrui, comme l'illustre cette citation extraite par Laetitia du Rocher de Tanios, d'Amin Maalouf : " D'un instant à l'autre, on bascule (...). Qui dira jamais à la suite de quel regard, de quelle parole, de quel ricanement, un homme se découvre soudain étranger au milieu des siens ? Pour que naisse en lui cette urgence de s'éloigner ou de disparaître... ? ".

"En parcourant Le Rocher de Tanios, d'Amin Maalouf, on ne sait pas comment percevoir le Liban : est-ce un pays magnifique ou seulement une région de guerres et de violence ? Peut-être l'auteur ne le sait-il pas non plus... D'autres précisions devraient nous être apportées sur le pays en lui-même et pas uniquement sur son histoire. Je comprends que des gens apprécient ce roman car il s'en dégage quelque chose de passionnant et de philosophique. On en retire de vraies questions sur nous-mêmes, mais des questions qui, du moins pour l'instant, ne me préoccupent pas. Je me sens moins "partagé" que l'auteur et son héros. Certains thèmes peuvent être accrocheurs et servir de leçons comme le questionnement sur l'identité, mais je pense que si on passe trop de temps à se demander qui on est, qui on a été et qui on sera, on s'arrête de vivre et on finit par ne plus choisir qui l'on veut être. Cette réflexion n'aura donc eu que peu d'intérêt : c'est un questionnement stérilisant s'il prétend se suffire à lui-même. C'est peut-être aussi tout le destin du Liban"... Adrien R., élève en Seconde Amérique 2006-07, Strasbourg. Percevoir le Liban à travers un roman, à défaut de pouvoir s'y rendre physiquement, c'est aussi une façon de voyager. La lecture est assurément un "mode de transport" auquel on peut avoir recours n'importe où, sans contraintes horaires particulières ni risques nécessitant de se munir d'un contrat d'assurance garantissant la prise en charge d'un rapatriement inopiné... Au cours de la lecture, le corps ne s'est pas déplacé ( sauf si on lit en voiture, en train...etc... double voyage ! ) et on est libre de "rapatrier" à tout instant son esprit vers la réalité du moment : il suffit de fermer le livre pour retrouver son petit monde familier, un peu comme au sortir d'une salle de cinéma... Mais en revient-on "intact", semblable, inchangé ?
"... On sent que l'auteur aime profondément son pays et il veut nous le faire connaître avec sa culture, son histoire et surtout ses habitants.Tous ces éléments transparaissent dans son écriture qui nous pousse à aimer son pays au moins autant que lui, puisqu'il s'efforce de le décrire avec sa plume mais aussi avec son coeur. Comment peut-on interpréter autrement le thème principal de ce livre lorsqu'on ressent au fil des pages que l'on commence à connaître ce pays alors que l'on n'y a jamais mis les pieds ?" Adrien R.
Certes, le roman n'est qu'un voyage par médiation - tout comme le film - et l'auteur nous emmène où il veut, comme il l'entend, imposant ( proposant ? ) à son hôte-lecteur un point de vue "étranger"... Y perd-on pour autant sa liberté de jugement ? Doit-on approuver, peut-on se rebiffer ?... " Les principaux thèmes abordés comme l'identité, l'exil ou encore l'entrecroisement de l'Orient et de l'Occident ne m'ont pas semblé particulièrement captivants et ne correspondent pas à ce que je cherche dans ma lecture." Adrien R.
On sait que tout voyage, au sens propre comme au sens figuré, dans l'espace et dans le temps, permet de se "frotter" à autrui, de s'ouvrir à d'autres horizons, d'autres moeurs, d'autres façons de vivre et de penser... En ce sens, le roman apporte au moins autant qu'un séjour à l'étranger... et le jugement personnel n'est pas annihilé par le fameux "processus d'identification" aux personnages romanesques, bien au contraire. On reste soi-même mais enrichi d'une nouvelle expérience qui porte à réfléchir...
" La leçon que j'ai tirée de cette lecture, c'est qu'on peut se servir d'un roman ou d'une feuille de classeur pour parler de ce que l'on aime. Au fil de ce récit, on sent que l'auteur aime profondément son pays malgré ses imperfections. Il a su, tout comme son personnage principal, oublier sa rancoeur lorsqu'il a dû quitter le pays pendant la guerre et c'est cet amour qui fait vivre le roman." Adrien R., Seconde Amérique 2006-07, Strasbourg.

Le Liban est une source d'inspiration intarissable pour les écrivains qui, dans tous les domaines et sur tous les tons, s'adressent à toutes les générations... Sur le terrain libanais, le roman, genre fictif par excellence, est plus que jamais ce miroir où se reflète la réalité vécue par l'auteur... Mais d'autres genres développent diverses analyses engendrées et sans cesse renouvelées par une actualité effervescente : essais, traités, témoignages, reportages, enquêtes et (auto)biographies se bousculent sur les rayonnages des librairies beyrouthines et autres... Points de repère et petit abécédaire des lettres libanaises pour mieux choisir vos lectures ... : http://www.ombres-blanches.fr/pub/repere/carte_lit/niv5.php?id_chap=2806Mais aussi, sous d'autres latitudes, se multiplient des LIVRES POUR LA PAIX à l'intention des jeunes, enfants de la guerre ou non : récits, témoignages, mémoires et romans ... : http://www.theatredelasource.qc.ca/francais/bibliosa.html
Sans oublier d'autres lectures "prenantes" qui débordent, elles aussi, le seul cadre du Pays du Cèdre : http://yclady.free.fr/lectures_cursives.html
*
*
Parution récente : LE PLUS GRAND MATIN DU MONDE
Thierry Magnier , 2006 Ed. KOCHKA, 7,50 €
Jacques Morhange et sa famille vivent à Beyrouth. Pour protéger les siens de la guerre, l'architecte installe sa femme et ses enfants à Paris, mais reste dans la capitale libanaise qu'il aime passionnément. Il ne se rend pas compte à quel point son fils souffre de cette séparation.
A la fin de la guerre, l'enfant tente de se suicider et tombe dans le coma. Le père revient à Paris. Commence alors, entre eux, un lent rapprochement.
Ce beau roman psychologique sur les relations entre père et fils et sur la guerre ne nécessite pas de connaissances historiques particulières. L'écriture poétique sert bien la peinture des sentiments et des lieux.
A partir de 14 ans.
Autre roman-jeunesse, paru au Québec :
MARINEAU, Michèle (1992). LA ROUTE DE CHLIFA. Montréal, Québec/Amérique Jeunesse, coll. « Titan + », 245 p. ISBN : 2890375943
La route de Chlifa raconte l’histoire de Karim, un Libanais de 17 ans qui vient d’arriver à Montréal. Au Liban, la guerre fait rage depuis qu’il a trois ans. On pourrait dire qu’il n’a connu que ça. À la polyvalente où il a repris les cours, il ne se sent pas bien. Il trouve tous les autres superficiels et ingrats. Lui qui a vécu au cœur de la misère et de la mort ne peut comprendre les réactions de ces jeunes qui ont tout, mais qui ne sont jamais contents et qui ne respectent rien. À la suite d’un accident qui le mènera à l’hôpital, il nous racontera sa vie au Liban. Une histoire de quête, de déracinement et d'amitié. Une histoire de vie, une histoire à plusieurs voix et à multiples facettes, qui va de Beyrouth à Montréal en passant par Chlifa, ce village par-delà les montagnes que tentent d'atteindre Karim et Maha, là-bas, au Liban. Là-bas au cœur de la guerre.*

Chez un romancier soucieux d'intéresser son lecteur, l'une des grandes préoccupations est de trouver les "ressorts" nécessaires pour faire rebondir l'action et lui donner du "relief"... L'exercice de la vengeance est l'un des moyens les plus "sûrs" de multiplier les péripéties et de faire "progresser" l'intrigue et les personnages... Et dans la vie, dans les méandres complexes du réel ? La vengeance est aussi, bien souvent, malheureusement, un "ressort" efficace de l' "action", mais au détriment de l' "intrigue" et de ses acteurs car elle est facteur de régression plutôt que de progrès... C'est qu'il ne s'agit plus, dans ce cas, d'art dramatique, mais d'un autre mode d'expression : l'art de vivre... Sens de l'honneur et vendetta, volonté de "réhabiliter" une dignité bafouée, luttes d'influence et jalousies... : les médias regorgent d'exemples non exemplaires de vengeances plus ou moins assouvies qui s'inscrivent dans un engrenage sans fin... "Tanios, personnage principal du roman de Maalouf, refuse d'entrer dans le cercle vicieux de la vengeance. Il a compris que cela ne fait qu'entraîner de fâcheuses conséquences... Pour remédier à ses problèmes, Tanios a préféré la solution de l'exil..." (Marine B., élève en Seconde Amérique, Strasbourg )... Dans le Moyen-Orient des années 1830, qui sert de cadre au Rocher de Tanios, d'Amin Maalouf, "il est bien souvent question de vengeance. De celle-ci dépend l'honneur du bafoué, qui serait considéré comme un lâche s'il laissait impuni celui qui l'a outragé..." (Marine M., élève en Seconde Amérique, Strasbourg)... Dans le Liban - et la Palestine - d'aujourd'hui, le désir de vengeance étouffe-t-il toujours autant le sens du pardon ?... Se pardonner mutuellement... Tel est le "prix" de toute réconciliation... et tant pis pour certaines "traditions" ! Certes il y faut quelque humilité, que d'aucuns qualifient de "faiblesse"... Or, la vraie force n'est-elle pas dans cette apparente faiblesse qui ne fait ni bruit ni victimes ? Comme la foi peut déplacer les montagnes, le pardon peut bousculer le poids de l'Histoire... Mais c'est une autre histoire, justement, et qui tarde à venir, çà et là... Il paraît que la complexité de la situation actuelle au Liban exige plus de réalisme, loin des douces rêveries pour idéalistes impénitents et autres illuminés... Cependant, on se prend parfois à rêver - comme Martin Luther King ?... "I have a dream"... Utopie ou pragmatisme...
C'était notre sermon littéraire du jour. Voir aussi notre billet du 5 août 2006 : http://cedraie.zeblog.com/66200-rEvons-tout-haut-samedi-5-aout/

* Aujourd'hui, 15h12 : le blog Phénix est désormais accessible aussi à partir du site internet du quotidien libanais L'ORIENT-LE JOUR : http://www.lorientlejour.com/page.aspx?page=article&id=blog *
ZAJAL et ARAK : en France, le théâtre improvisé connaît une certaine vogue... Au Liban, une tradition relevant également de l'improvisation s'appelle le ZAJAL... "Ne vous étonnez pas si, au cours d'une soirée libanaise copieuse en mezzés et en arak ( une boisson du coin*), un homme se lève, après quelques verres, pour improviser des poèmes chaloupés. C'est ce que l'on appelle le ZAJAL, une forme de poésie populaire spontanée faisant partie du folklore libanais. S'y mêlent la nostalgie du pays, des parents, l'amour de la montagne ou celui de deux jeunes fiancés, des scènes de vendanges... tout le quotidien des villages traditionnels. Le talent, ici, réside dans la capacité d'improviser, car c'est bien de cela qu'il s'agit, et de répondre avec à-propos à ceux qui vont à leur tour improviser la réplique." Le Petit Fûté, Country Guide, Le Liban, Nouvelles éditions de l'Université, 1997, page 54, rubrique "Abécédaire pratique". * Arak : alcool de raisin, qui se boit étendu d'eau et de glaçons. * A propos d'arak, voici un texte célébrant ce breuvage typiquement libanais - texte rédigé par un enseignant de l'école partenaire de Mejdlaya ... ° " Visiter le Liban sans apprécier le goût irrésistible de son ARAK ? Ce serait traverser Paris sans voir la Tour Eiffel ou parcourir le Midi de la France sans déguster ses vins savoureux. Spécialité et fierté des vignerons et des montagnards, l'ARAK est devenu de siècle en siècle le petit chouchou irremplaçable de la table libanaise. Cette boisson, à la senteur alcoolique prononcée et à la saveur parfumée d'anis, arrose toutes les cérémonies, des noces aux baptêmes, des tête-à-tête d'amoureux aux réunions de famille, du repas modeste du pauvre au banquet somptueux d'un richissime. Une trentaine de marques, dont des appellations contrôlées, offre au grand public un choix de qualité et de prix qui peut aller de 2 à 10 euros la bouteille. Cependant, les buveurs au goût raffiné vont chercher dans la province l'ARAK authentique que des milliers de vignerons et d'amateurs continuent à distiller à domicile suivant les méthodes héritées de leurs ancêtres. Si l'ARAK de quelques pays est tiré de l'alcool de riz ou des mêlasses de canne et de betterave, l'ARAK du Liban provient exclusivement des raisins. Le genre recommandé est un raisin du pays, blanc et très sucré, dit "Obédi". Le vigneron dépouille les grappes dorées par le soleil et, après foulage des grains, il les laisse fermenter durant 15 jours. Le vigneron prépare alors son alambic de cuivre en le frottant avec du citron jusqu'à ce qu'il brille de mille éclats. Le jus de raisin, le "moût", rejoint à ce moment-là l'alambic et voici que la distillation commence sur un petit feu de bois. Les vieux disent qu'il faut laisser l'alcool recueilli "dormir" pour quelque temps (des mois ou mieux encore des années) dans un milieu frais et obscur. L'alcool ainsi débarrassé des gaz nocifs sera soumis à une nouvelle distillation, mais il est cette fois mélangé avec les grains d'anis, opération qu'on répète trois fois pour obtenir le meilleur ARAK qui soit. Or, l'ARAK c'est une histoire d'hospitalité, d'amour et de douceur. Loin d'être un travail à finir au plus vite, la distillation de l'ARAK est pour le libanais un rite, une fête attendue à laquelle il invite amis et voisins. Dans le jardin, autour de l'alambic, le temps ne compte plus ni les soucis de la vie : on raconte des anecdotes, on rigole, on chante et on danse. On grignote les délicieux plats, on verse une portion d'ARAK, on y ajoute deux portions d'eau, et voici que l'ARAK transparent devient blanc comme la neige...." J.O. °°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°Attention : l'abus d'alcool est dangereux !°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
UN RITE LIBANAIS PASSIONNANT...

La lecture du Rocher de Tanios, d'Amin Maalouf, a permis aux élèves de Seconde Amérique 2006-07 (Lycée Saint-Etienne, Strasbourg) de découvrir le Liban dans sa complexité. En fait, "deux Liban se croisent dans le récit d'Amin Maalouf : - Le Liban féodal, en proie aux haines tenaces et aux vengeances séculaires : destin, honneur et tragédie en sont les mots-clés... Ainsi, l'action du roman commence par une période calme, sans heurts majeurs, où chacun mène son existence selon le rang qui lui incombe. Maalouf nous dépeint une vie villageoise, naïve certes, mais aussi ingénieuse, imprégnée d'une certaine sagesse et d'une grande poésie. Puis les premiers incidents vont survenir entre les deux communautés du village de Kfaryabda : les chrétiens et les druzes. Les premiers morts vont aussi faire leur apparition...
- Le Liban moderne : c'est celui où vit le narrateur. C'est le Liban où les enfants de Kfaryabda n'ont pas le droit de jouer sur le Rocher de Tanios et où la seule réponse à leurs questions est une légende à laquelle ils ne croient guère..."
Matthieu et Morgane, Seconde Amérique 2006-07, Strasbourg.*
"Cet ouvrage m'a permis de découvrir un pays qui m'était inconnu : le Liban. J'ai apprécié les descriptions de cette contrée pleine d'histoires et de légendes. De plus, j'ai appris énormément sur le contexte géographique de l'époque. Claire, Seconde Amérique 2006-07.
*
" Le système politique et social libanais occupe une place majeure dans l'histoire de Tanios. C'est dans cette société qu'il vit pendant des années avant de la fuir pour s'installer à Chypre. Et c'est ce même contexte qui l'amènera à disparaître. Il s'agit d'un système féodal, basé sur une échelle de pouvoirs : le peuple, le Cheikh qui est chef de village, l'émir de la Montagne, les pachas de Tripoli, Damas, Saïda et Acre, enfin leur chef suprême, au voisinage du Ciel : le Sultan d'Istamboul. Droits et devoirs des uns et des autres, dans le registre féodal... Ainsi les femmes sont "invitées" à travailler au château du cheikh pendant une journée."
*
SOMMAIRE DU BLOG
http://cedraie.zeblog.com/page/2
http://cedraie.zeblog.com/page/3
http://cedraie.zeblog.com/page/4
http://cedraie.zeblog.com/page/5
http://cedraie.zeblog.com/page/6
http://cedraie.zeblog.com/page/7
http://cedraie.zeblog.com/page/8
http://cedraie.zeblog.com/page/9
http://cedraie.zeblog.com/page/10
http://cedraie.zeblog.com/page/11
http://cedraie.zeblog.com/page/12
http://cedraie.zeblog.com/page/13
http://cedraie.zeblog.com/page/14
http://cedraie.zeblog.com/page/15
http://cedraie.zeblog.com/page/16
http://cedraie.zeblog.com/page/17
http://cedraie.zeblog.com/page/18
http://cedraie.zeblog.com/page/19
http://cedraie.zeblog.com/page/20
http://cedraie.zeblog.com/page/21
http://cedraie.zeblog.com/page/22
http://cedraie.zeblog.com/page/23
http://cedraie.zeblog.com/page/24
http://cedraie.zeblog.com/page/25
http://cedraie.zeblog.com/page/26
http://cedraie.zeblog.com/page/27
http://cedraie.zeblog.com/page/28
http://cedraie.zeblog.com/page/29

Suite des impressions suscitées en Seconde Amérique 2006-07 (Lycée Saint-Etienne de Strasbourg) par la lecture du roman d'Amin Maalouf, Le Rocher de Tanios (Prix Goncourt 1993). Cf. billet du 21 août.
*** "L'exil est une période importante dans la vie de Tanios, personnage principal du roman d'Amin Maalouf. Cette situation lui permet de réfléchir et de méditer sur son passé. Il repense à son enfance et à ses racines. L'exil est une rupture totale car Gérios et son fils doivent reconstruire leur vie, nouer des relations tout en restant très discrets pour ne pas se faire remarquer.
Amin Maalouf transcrit son propre exil, vécu à l'âge de 27 ans, lorsqu'il a quitté Beyrouth avec sa femme pour échapper à la guerre civile. On ne sait jamais combien de temps durera l'exil et on ne sait pas quand on rentrera. Très attaché au village de son enfance, l'auteur a la nostalgie de la Montagne, ce que ressent également Tanios : L'exil est à nouveau évoqué à la fin du roman, lorsque Tanios disparaît :
Alexandre, Seconde Amérique 2006-07, Strasbourg.
*** "Qui suis-je ?"... Tout le monde devrait se poser cette importante question, comme Tanios qui se questionne sur ce qu'il est, ce qu'il a été et ce qu'il sera... A travers ce personnage, Amin Maalouf nous fait comprendre que ce n'est pas celui qu'on pense être mais celui qu'on est qui est vraiment important. En effet, le héros se torture pour répondre à une question qui ne compte pas réellement ( mais symboliquement ) et qui n'influe en rien sur celui qu'il est. Cette question demeurera sans réponse mais, quel que soit son père, Tanios n'a pas à bafouer son identité car c'est ce qu'il a de plus cher.
L'auteur veut aussi combattre les idées reçues qui nous inspirent des peurs et des craintes, qui nous déstabilisent. Nous sommes nés dans un monde où il faut gérer notre diversité en acceptant des différences qui n'ont plus aucun rapport avec ce que l'on est. L'identité peut se construire tout au long de notre vie et ne nous gouverne pas forcément depuis notre naissance. C'est à nous de la forger.
Cet ouvrage répond à une question des plus importantes en nous faisant comprendre que nous ne sommes pas limités par une culture, une langue et une religion : elles permettent d'avancer sans se sentir étranger mais elles ne nous "définissent" pas et ne doivent pas nous mener vers une destination qui ne nous convient pas. Pour se retrouver, Tanios préfère s'exiler avec le père qui lui a tout appris et auquel il tient le plus. C'est Gérios qui pourra l'aider à découvrir qui il est, même s'il aura du mal à l'admettre."
Invités à lire Le Rocher de Tanios, d'Amin Maalouf, des élèves de Seconde Amérique 2006-07 (Strasbourg) nous livrent leurs impressions... Auparavant, quelques mots de présentation, en commençant par une citation : " le destin passe et repasse à travers nous, comme l'aiguille du cordonnier à travers le cuir qu'il façonne." Pour Tanios, enfant des montagnes libanaises, le destin se marque d'abord dans le mystère qui entoure sa naissance : il est le fils de la trop belle Lamia et des murmures courent le pays sur l'identité de son vrai père. Le destin passera de nouveau, dans ces années 1830 où l'Empire ottoman, l'Egypte, l'Angleterre se disputent ce pays promis aux déchirements, le jour où l'assassinat d'un chef religieux contraindra Tanios à l'exil... Mêlant l'histoire et la légende, la sagesse et la folie des hommes, Amin Maalouf nous entraîne dans un prodigieux voyage romanesque qui lui a valu le prix Goncourt en 1993.
*
Impressions :
*** " L'intérêt de l'ouvrage est varié, suivant le sens qu'on donne au livre : fantastique, véridique, romancé... Personnellement, je pense que ce livre a une part de vérité avec un soupçon d'imaginaire. Il permet de connaître un autre pays, le Liban, ainsi que ses coutumes, sa population et son relief qui nous est souvent décrit. L'auteur nous présente la vie de ses habitants, leurs défauts (comme les ragots) ainsi que leurs qualités (par exemple leur hospitalité). Je peux donc en déduire que les Libanais sont des gens comme nous, qui pensent et vivent de manière similaire à nous, mais avec des coutumes et des traditions différentes. Cela nous ouvre à d'autres horizons et enrichit notre culture... L'ouvrage a peut-être suscité l'envie de voyager, pour approfondir la connaissance du Liban. On peut en tout cas tirer de cette lecture des leçons de vie et de fraternité." Virginie, Seconde Amérique 2006-07.
*** " Le Rocher de Tanios, d'Amin Maalouf, m'a beaucoup plu car il regorge de suspense et de rebondissements... On ne peut jamais deviner ce qui va arriver. L'auteur situe l'action au Liban et à Chypre, au début du XIXè siècle, période tragique de l'histoire du Liban, alors déchiré entre l'Empire ottoman, l'Egypte et l'Angleterre. On a envie de savoir ce que Tanios, le personnage principal, va devenir, s'il va parvenir à ses fins à force de persévérance et d'entêtement. De plus, tous les personnages sont attachants. On peut facilement s'identifier à eux, car ils sont vraisemblables. Grâce à ce récit, rédigé en français, le lecteur prend plaisir à découvrir le Liban et sa culture si différente de la nôtre, à travers une langue très belle, riche et imagée. Enfin, l'auteur nous invite à méditer sur le thème du destin de l'homme : sommes-nous véritablement maîtres de notre existence, maîtrisons-nous totalement notre vie ? Ne serait-ce pas la Providence qui guiderait nos pas ?"
*** "Cette oeuvre primée met en valeur la coexistence difficile entre les pays occidentaux et orientaux, entre les langues comme entre les religions, ainsi que bien des divergences sociales... Au début de chaque chapitre, un passage philosophique nous interpelle pour nous faire réfléchir sur la vie du village de Tanios et sur le destin tragique de ce dernier. Ce chef-d'oeuvre, qui donne un aperçu de la vie orientale et de la culture libanaise, est un cocktail de joie et de tristesse..." ... Stéphane, Seconde Amérique 2006-07, Strasbourg.
*** " La complexité des sentiments exprimés dans ce roman m'ont beaucoup étonnée. On rencontre à la fois la tristesse, la joie, le rire, l'inquiétude, la colère, le désespoir... Tout ce qu'un homme peut éprouver, Amin Maalouf a su le retranscrire dans ces 280 pages de pur bonheur."... Marion, Seconde Amérique 2006-07, Strasbourg.
*** " Ce roman m'a permis de découvrir un pays qui m'était jusque là inconnu : le Liban. J'ai apprécié les descriptions de ce pays plein d'histoires et de légendes. De plus, j'ai appris énormément sur le contexte géopolitique de l'époque. L'histoire de Tanios contient aussi de nombreuses interrogations sur la recherche de soi-même, la quête de son identité. Enfin, l'auteur a réussi à retranscrire la vie de Tanios avec légèreté. Ce roman se lit facilement. On n'y trouve pas de ces longueurs qui découragent le lecteur."
*** "Mon avis est plutôt partagé. En effet, je ne me suis pas tout de suite attachée à ce livre. Mais, au fur et à mesure, j'ai commencé à m'identifier aux personnages. Je pense que chacun d'entre nous arrive à trouver une part de soi-même dans les relations de Tanios avec son père et dans son amour "interdit" avec Asma." Jocelyne, Seconde Amérique 2006-07.
°
A suivre...
*
Site officiel d'Amin Maalouf : http://www.aminmaalouf.org/
*
Message reçu la semaine dernière : "Dans un souci d’interaction culturelle, «L’Orient-Le Jour» instaure un projet d’accès à des blogs libanais directement à partir de son site. Notre équipe a sélectionné une liste de blogs qui remplissent les conditions requises de professionnalisme et d’originalité. Votre blog a été sélectionné pour être répertorié dans cette liste qui sera mise en ligne à partir du mois de septembre."
Rappel ( cf. billet d'hier, ci-dessous ) : interrogés fin mai sur les symboles de la France d'hier ou d'aujourd'hui et priés de présenter celui de leur choix, susceptible, selon eux, de donner à leurs correspondants libanais un reflet significatif de cette nation, quelques élèves de Seconde Amérique 2006-07 du Lycée Saint-Etienne de Strasbourg ont sorti du chapeau la Révolution française et... Laure Manaudou !... Jade, Lise, Laetitia et Sarah ont choisi la Révolution de 1789 : "Actuellement, en cours d'Histoire, nous étudions La Révolution Française de 1789. Durant cette période, le peuple français se battit pour sa liberté et ses droits.Tout commença à Paris. Les gens étaient affamés et payaient trop d'impôts. Des émeutes éclatèrent dans les rues de la capitale. Une petite partie de la population était privilégiée : les nobles, qui ne payaient pas d'impôts et avaient une certaine autorité sur le peuple.
Alors le peuple décida de se battre pour l'égalité. Il se révolta et prit d'assaut d'importants lieux de Paris, notamment la Bastille, le 14 juillet...
La monarchie fut renversée. Le Roi devait adhérer aux nouvelles idées de la Révolution ou mourir. Alors, il tenta de fuir à l'étranger mais il fut rattrapé à Varennes et, finalement, guillotiné.
C'est durant cette importante période historique qu'apparut le drapeau tricolore - bleu, blanc, rouge, que fut rédigée la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen et que fut forgé le slogan LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ...
La Révolution de 1789 est à l'origine de la France d'aujourd'hui."
Jade, Lise, Laetitia et Sarah, élèves en Seconde Amérique 2006-07 au Lycée Saint-Etienne de Strasbourg.Voir aussi le billet du 18 août : http://www.zeblog.com/admin-cedraie-238205
Interrogés fin mai sur les symboles de la France d'hier ou d'aujourd'hui et priés de présenter celui de leur choix, susceptible, selon eux, de donner à leurs correspondants libanais un reflet significatif de cette nation, quelques élèves de Seconde Amérique 2006-07 du Lycée Saint-Etienne de Strasbourg ont sorti du chapeau la Révolution française et... Laure Manaudou ! Commençons par cette dernière, qui apparaît sous la plume de Marion, Sophie, Hélène, Karina et Jocelyne : "Nous avons choisi de vous parler de Laure Manaudou, championne française de natation, car nous nous intéressons beaucoup au sport. Laure a participé aux derniers championnats de natation à Sydney, en Australie. Elle y a brillé par sa rapidité et sa technique de nage ainsi que par le nombre incroyable de médailles rapportées à la France. Eh oui ! ... notre jeune prodige de 23 ans en a raflé 9, dont deux en or. Elle a réussi l'exploit de réaliser le deuxième doublé de l'Histoire française de la natation en gagnant à la fois le 400 mètres et le 200 mètres nage libre, dont elle a d'ailleurs pulvérisé le record mondial en passant sous la barre des 2 minutes 50. Très complète, notre jeune sportive dessine des sacs à main pour une marque célèbre, LANCEL, et elle s'est également lancée dans le mannequinat... Hollandaise d'origine, elle s'entraîne dans le Sud de la France et a pour petit ami un beau nageur italien. Laure ne cesse d'ailleurs de lui montrer son amour en lui dédiant chacune de ses victoires et chacune de ses médailles. Lors d'une course, elle a même porté les couleurs de l'Italie alors qu'elle courait pour la France ! Notre championne française ne cesse d'étonner par son audace, son originalité et ses performances, Laure n'a pas fini de briller !"...
Ce texte collectif récent date à peine du printemps, mais déjà d'autres événements sont venus pimenter l'existence de Laure Manaudou : exil en Italie, dans un club de ce pays voisin, puis querelle avec son nouveau manager et retour précipité en France pour y retrouver sa famille et son entraîneur de frère... Bref, une France qui bouge !... Demain, la Révolution de 1789, décrite par d'autres élèves épris d'Histoire...