Blog dévolu à un partenariat scolaire libano-français, afin de faciliter les échanges en cours depuis Noël 2004 : magazine interactif, pages littéraires, album photos, discussions et débats...
L'histoire religieuse du Liban est fortement marquée par le monachisme chrétien, encore vivace aujourd'hui, notamment dans la vallée de la Kadisha... Il est vrai que ce mode de vie consacrée est né non loin de là, dans le désert égyptien, au début de notre ère, et il a peu à peu essaimé dans les contrées voisines, comme la Syrie et le futur Liban, avant de contaminer l'Europe et le reste du monde... Découvrons quelques "aphorismes" (pensées, adages...) des premiers moines, glanés dans un ouvrage élaboré par un cistercien occidental : *
"Mieux vaut un travail léger qui est très long à terminer qu'un dur labeur vite fait"...
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"On raconte que l'Abbé Agathon garda pendant trois ans un caillou dans sa bouche pour apprendre à se taire"...
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"La méchanceté ne chassera jamais la méchanceté. Si quelqu'un vous fait du mal, faites-lui du bien, afin que, par votre bonne action, vous annihiliez sa méchanceté"...
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"Toutes les épreuves qui fondent sur vous peuvent être surmontées par le silence"...
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"Il y avait un Ancien qui, si quelqu'un disait du mal de lui, allait en personne lui offrir des cadeaux..."
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"Ne demeurez pas dans un endroit où vous voyez que les autres vous envient, car vous n'y ferez aucun progrès."
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" L'homme devrait se comporter comme un cadavre envers autrui, car être mort, c'est cesser de le juger." ... in La Sagesse du Désert, par le moine trappiste américain Thomas Merton, éd. Albin Michel, 1967.
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°°°°°°°°°° En photo, Théodore Monod, quêteur d'absolu dans les sables du désert...
Il paraît que, parmi les ouvrages très vendus dans les librairies du Levant et d'Afrique du Nord, figurent les biographies et, surtout, autobiographies des people moyen-orientaux. Les Libanaises sont sur tous les fronts : chanteuses, astrologues, présentatrices télé… En fait, les "récits de vie" pullulent sur la planète prise d'une sorte de nombrilisme aigu, au point que rien ni personne n'échappe plus guère à cette egomania... Ainsi, en surfant sur le web, après avoir entré le terme "autobiographie" dans un moteur de recherche, on peut trouver ceci, en vrac : autobiographie d'un livre, d'un lecteur, d'un autre, d'un yogi tibétain, d'une courgette, d'un Yorkshire Terrier du XXè siècle, d'un psychotique, d'un Cheval, d'un Indien Hopi, d'un Ours en Peluche, d'un ballon d'or, d'un virus, d'un jeune autiste, d'un Amour, d'un insurgé, d'un DJ, d'un poète, d'un bouchon, d'un auteur, d'un clerc chiite du Jabal 'Amil, d'un schizophrène, d'un éveil de Gopi Krishna, d'un Sicilien, d'un intellectuel issu des classes populaires anglaises, d'un fil, d'un parfum, d'une grande conteuse irlandaise, d'un moine zen, d'un pas grand'chose, d'un spectateur, d'une esclave, d'un esclave affranchi (nuance), d'un magicien, d'un voleur d'art, d'une genèse, d'un nomade, d'un fantasme, d'un voyage, d'un fusil, d'un fantôme, d'un dominicain dans le siècle, d'un bateau de légende, d'un "enfant de la république", d'un écrivain fictif, d'un juif polonais, de Malcolm X... sans négliger le journal d'un chat assassin ni les mémoires d'un dinosaure trotskyste ou d'un... porc-épic ! Pire que l'inventaire de Prévert... Je viens de lire un roman qui se raconte à la première personne, un livre qui parle de lui, narrant son histoire d'ouvrage en papier, décrivant son parcours de livre-objet, depuis le moment où il a été publié, exposé en librairie, feuilleté par des clients hésitants jusqu'à son achat et ses divers séjours chez les humains, en différents "lieux" (étagère, table de chevet, bibliothèque de salon, sac à main, natte de plage ou "lunette arrière" de la voiture familiale...), en attendant, peut-être, un jour, l'abandon ou le prêt, la perte, le rapt ou le cadeau, la séparation d'avec son "propriétaire", l'adoption par un nouvel acquéreur, voire le retour en librairie, chez un bouquiniste, cette fois - ou bien, au lieu de toutes ces péripéties, le triste et laconique destin du livre invendu, à savoir le pilon et le recyclage en carton d'emballage ou en boîte de médicaments...
L'idée s'avère bonne mais le livre est mauvais. Je ne vous en révèlerai donc ni le titre ni l'auteur... Et je cherche un autre récit autobiographique, tout aussi original mais mieux rédigé, plus palpitant, donc plus attachant... D'où ma quête via un moteur de recherche, laquelle débouche sur l'embarras du choix, étalé ci-dessus comme marmelade sur pain de mie... Mais on me dit, pour dissiper ma perplexité, que je trouverai peut-être mon bonheur avec un roman de Bernard Werber : le Livre du Voyage... En tout cas il m'attend avec impatience dans la librairie la plus proche...: "adopte-moi !"... A suivre, donc...
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La Censure égyptienne voulait, semble-t-il, censurer le dernier numéro de la revue libanaise Al-Adab. Les intellectuels égyptiens, appuyés par Reporters sans frontières, ont aussitôt réagi. La Censure a maladroitement admis qu'elle n'avait pu donner son accord à cause du Vendredi, jour de repos, mais qu'elle n'avait pas vraiment l'intention d'interdire.Il est vrai que le thème de ce numéro est
"La censure en Egypte"...Anecdote datant du 15 décembre 2002 et puisée dans le récit de Paul Fournel, Poils de Cairote, coll. Points (P 1656 )... Voir également billet précédent (12 août), à propos de cet ouvrage...
Lecture conseillée, encore :
Note de l'éditeur : "quelle aventure que la vie d'un attaché culturel français au Caire ! Par touches impressionnistes, Paul Fournel décrit son quotidien dans les mails qu'il envoie à ses amis : embouteillages, muezzin, cireurs de chaussures, chats errants, débrouilles et embrouilles, douceurs et fureurs... Des billets spirituels, précis, nonchalants, qui croquent sur le vif une mégalopole débordante de vie, déconcertante, fascinante.
Extrait : "18 septembre 2001 : ...certains Egyptiens, de ceux qui plissent les yeux avec un air entendu, vous assurent que les attentats du 11 septembre sont le fait des Israéliens. Ils auraient payé des Arabes pour réaliser l'opération afin de déclencher une guerre mondiale antiarabe et récupérer la Cisjordanie, le Liban, la Syrie... Et l'Himalaya, sans doute>."
Paul Fournel, écrivain, poète, auteur dramatique, éditeur, préside aujourd'hui l'Oulipo.
Point de vue sur Poils de Cairote, puisé dans Télérama : " On rit, beaucoup. On est bouleversé, aussi. Les anecdotes sont servies par une écriture éblouissante de justesse, de finesse, de vérité."
Lecture conseillée : un récit "fantastique" d'Eric Orsenna... Dernières nouvelles des oiseaux.Un homme qui en a assez de récompenser les bons élèves décide de distinguer les enfants passionnés et libres. Il crée la Fondation européenne de la passion qui décerne des prix pour réaliser leurs rêves et lance des enquêteurs dans toute l'Europe. Sept enfants sont sélectionnés et envoyés sur une île. Une île qu'ils rêvent bientôt de quitter par n'importe quel moyen.
Editeur : Le Livre de Poche [n°30773] Date de publication : 4/4/2007... Edition de Poche... (Première parution chez Stock en 2005). Féérie du conte, jeux de mots d'une langue originale, le savoir allié à la malice...
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L'humanité blessée au Liban...Extraits d'un article rédigé par Mgr Lustiger et publié dans le quotidien français Le Monde du 12 avril 1989... Article reproduit intégralement dans un ouvrage du même Mgr Lustiger, Dieu merci, les droits de l'homme, éd. Criterion, Paris 1990, pages 445-446...
" Le Liban est le lieu d'une double culture, commune aux uns et aux autres. Les Libanais, chrétiens et musulmans, ont illustré la culture française et la culture arabe. Nous n'avons pas à juger les Libanais pour les fautes, les violences ou les injustices commises et subies les uns à l'égard des autres. Mais le Liban a été, grâce à sa double culture, un lieu exemplaire de tolérance et d'accueil mutuels des chrétiens et des musulmans. (...) Pouvons-nous penser que ce qui échouerait au Liban réussirait en Occident ? Comment la mort de ce Liban ne retentirait-elle pas comme un dramatique avertissement pour les chrétiens, les musulmans et les juifs, ainsi que pour tous ceux qui, en Occident comme dans les pays arabes, doivent faire l'apprentissage de la compréhension mutuelle et de l'appartenace à un Etat de droit ? Le Liban sera détruit si les chrétiens en sont chassés. Les plus antiques Eglises seraient condamnées à l'exil. Mais le plus grand perdant serait l'islam. En vérité, l'humanité entière y perdrait un exemple singulier du dialogue et de la convivialité nécessaires à sa vie. Laisser détruire ce lieu d'échange reviendrait à laisser s'abattre un nouveau "rideau de fer". Peut-être plus terrible que celui qui a divisé l'Europe. Les hommes d'Etat doivent le savoir. Les croyants prient Dieu de nous épargner cette nouvelle épreuve."
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... Commentaire Phénix ( côté français ) : la dernière phrase peut nous inciter à nous demander pourquoi les hommes n'y mettraient pas aussi du leur pour s' "épargner cette nouvelle épreuve"... C'est une impression souvent ressentie que l'on demande toujours à Dieu non seulement de nous épargner telle ou telle épreuve, mais aussi, de manière implicite, de nous épargner l'effort de faire ce boulot nous-mêmes... Il serait plus cohérent que l'homme demande à Dieu de lui donner la force de remédier par lui-même à une situation dont il est directement responsable - et comptable devant Dieu, précisément... au lieu de compter sur des formules incantatoires - "magiques" ? - pour provoquer on ne sait quel "miracle" qui serait le fruit d'une intervention "extérieure"... Aide-toi et le Ciel t'aidera... (Sagesse populaire)...
Si vous désirez découvrir l'ensemble de l'article, voire le contenu ( articles, conférences, homélies, interviews 1984-89 ) de l'ouvrage cité ci-dessus, vous trouverez ce dernier dans toutes les bonnes librairies... Mais ne comptez pas sur nous pour vous l'envoyer par la Poste ( intervention "divine" ? )... Prenez-vous en charge !
Le Liban, point de fracture de l'humanité...." Nous ne pouvons pas oublier le Liban et sa situation apparemment désespérée, comme si ce n'était l'affaire que des Libanais. Nous savons que ce qui se passe là-bas anticipe, de quelque façon, les chances et le succès d'une attente ailleurs entre des populations que divisent les mêmes conflits, les mêmes antagonismes, les mêmes sources d'incompréhension et d'hostilité. Je prie Dieu que tous ceux qui sont appelés à composer votre unité nationale mesurent, au-delà du problème de la survie de chacun, voire même de la survie de leur patrie dans un grand malheur, l'enjeu qui dépasse vos frontières. Puisque chez vous se joue en quelque manière le sort du monde, le monde ne peut pas se désintéresser de ce qui se passe chez vous. Ce serait de l'aveuglement de notre part : aveuglement et sur vous et sur nous, inconscience de ce qui vous a été remis entre les mains et sur les épaules et qui, en fait, est un dépôt que vous portez au nom de l'humanité entière. S'il y a un espoir dans les pays de l'Occident que les populations de l'islam et les peuples chrétiens, les chrétiens divisés entre eux, les grandes confessions religieuses, les grandes puissances de ce monde et les grands blocs idéologiques consentent à la raison et ne cèdent pas à la folie, vous n'y êtes pas étrangers. C'est la même dramatique question qui est posée chez vous comme dans le reste du monde. L'humanité ne peut pas se payer une guerre-éprouvette, une guerre de laboratoire, comme si des frontières étanches empêchaient la maladie de la haine et de la violence de se propager dans le monde. Aucune prophylaxie ne peut faire que l'horrible mal dévoilé là-bas s'arrête aux portes de votre pauvre petit pays et de votre nation endolorie et meurtrie. Voilà pourquoi ce qui est vôtre appartient à l'humanité. Voilà pourquoi nous avons un devoir, bien que nous ne sachions pas comment le remplir et que les nations ne parviennent pas actuellement à se mettre d'accord - le devoir de ne pas rester indifférents à ce qui se passe chez vous."
Cardinal Jean-Marie LUSTIGER.
Extrait de son homélie à Notre-Dame du Liban, Paris, pour la fête de Saint Maroun, 8 février 1987.
L'intégralité de cette homélie peut être trouvée dans un ouvrage de J.M. Lustiger, Dieu merci, les droits de l'homme, pages 417 à 421. Ed. Criterion 1990.
Au Proche-Orient, çà et là, dans les campagnes isolées des villes, de jeunes enseignants proposent aux autochtones, paysans illettrés pour la plupart, des cours d'alphabétisation : lire, écrire, calculer... « Je suis très embarrassée quand mon enfant me demande de réviser avec lui ses leçons pour les examens ou l’aider à faire ses devoirs », regrette Layla, mère d’un enfant scolarisé en 3è. Elle confie qu’elle s’est mariée à 14 ans et que son mari lui a interdit de poursuivre ses études... Mais comme les adultes volontaires qui s'inscrivent ont aussi d'autres besoins sur le plan pratique, dans la vie quotidienne, les animateurs enseignent également des recettes ménagères, des techniques agricoles ou initient à des savoir-faire d'ordre administratif... ce qui rend les cours encore plus intéressants : « Nous ne sommes pas ici pour étudier seulement le programme ou pour apprendre à lire et à écrire. Nous avons aussi été informés sur l’importance d’avoir une carte nationale d’identité, les nouveautés dans le domaine de l’agriculture et de l’irrigation, et les méthodes permettant d’avoir une meilleure récolte... Les enseignantes qui s'occupent des femmes les ont informées sur l’hygiène, comment elles peuvent prendre soin de leur famille et de la propreté de leurs maisons. Elles discutent aussi des problèmes et enseignent des activités manuelles pour améliorer les revenus » : quand on sait faire de la bonne confiture, on peut la vendre à travers la coopérative d'une association...
Extrait de reportage puisé dans le magazine égyptien Al-Ahram Hebdo ( semaine du 8 au 14 août 2007 )... Pour découvrir le reste de l'article, essentiellement centré sur l'Egypte mais instructif pour l'ensemble de la région, voire au-delà, cliquer sur cette adresse :

°°° Petite sieste au soleil...
A propos d'élections... Selon Emile Durkheim, le but premier des rites sociaux est de rattacher le présent au passé et l'individu à la collectivité. "Ce qui est essentiel, écrit-il dans les Formes élémentaires de la vie religieuse, c'est que des individus soient réunis, que des sentiments communs soient ressentis et qu'ils s'expriment en actes communs. Tout nous ramène donc à la même idée : c'est que les rites sont avant tout les moyens par lesquels le groupe social se réaffirme périodiquement." Dans l'acte du vote, le geste revêt une dimension sacrée et théâtrale. L'urne électorale est un peu comme un autel et l'élection répond à un rituel bien particulier. Le choix des lieux ( une école publique ), des moments ( le dimanche ) et des séquences ( le passage dans l'isoloir ) donne au vote la dimension d'un investissement collectif. On sait que ce jour-là est consacré à la collectivité... même si c'est pour "consacrer" la division entre deux camps de même confession. Du moins au Liban... ( cf. le dimanche 5 août, marqué par la victoire d'un candidat chrétien à la députation sur un autre chrétien )...